Entretien
« Un bon sac se répare, il ne se remplace pas »
Rencontre avec Marion Delcourt, qui dirige l’atelier depuis dix ans, sur le métier, la patience et ce que l’on garde.
Marion Delcourt
Maroquinière, atelier de Lyon
Elle dirige l’atelier depuis dix ans et forme chaque année deux apprentis.
Propos recueillis à l’atelier, en septembre
La rédaction
Comment êtes-vous arrivée à la maroquinerie ?
Marion Delcourt
Par hasard, comme souvent. J’ai passé un été à recoudre l’anse d’un sac de ma grand-mère, et je n’ai plus voulu faire autre chose.
J’ai ensuite appris le métier dans un petit atelier, avant d’ouvrir le mien il y a dix ans.
« On ne choisit pas un métier de la main, c’est elle qui vous choisit. »
La rédaction
Qu’est-ce qui change dans votre façon de travailler le cuir aujourd’hui ?
Marion Delcourt
Nous achetons moins, mais mieux. Chaque peau est vue, touchée, choisie. Cela prend du temps, et c’est précisément ce que nos clients viennent chercher.
La rédaction
Un sac bien fait, c’est quoi pour vous ?
Marion Delcourt
Un sac que l’on peut réparer. Si vous ne pouvez pas changer une anse en vingt minutes, c’est que quelqu’un a pensé à la vitrine plutôt qu’à vous.
« Un bon sac se répare, il ne se remplace pas. »
La rédaction
Un conseil pour en prendre soin ?
Marion Delcourt
Laissez-le respirer, évitez la pluie battante et nourrissez le cuir deux fois par an. Le reste, c’est la patine qui s’en charge.